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La Dernière Balade de Buster Keaton

Quand les lumières de la vie commencent à s’éteindre, que reste-t-il?
Au crépuscule de sa vie, dépassé par le chaos des temps modernes, le vieux Buster Keaton s’enferme chez lui. Seul et oublié, il ne lui reste plus que deux compagnons de route : son ombre qui le guette et ses souvenirs qui le hantent… Et c’est à leurs côtés qu’il va faire une dernière balade, un voyage au fond de sa mémoire, où le présent s’empare du passé pour le réinventer. Entre Garcia Lorca et Samuel Beckett, acteurs et marionnettes, fiction et réalité, nous ferons revivre encore une fois un des plus grands génies du cinéma muet à travers le regard et les outils du théâtre, du cirque, de la danse, de la musique ! Son humour mécanique et absurde nous fournit le vocabulaire pour tisser un récit poétique qui tout en nous faisant rire, nous parle de la vieillesse, de l’abandon, de l’exclusion, du temps qui passe…

UNE POÉTIQUE DES DÉCHETS

C’est encore une fois chez Lorca que nous puisons notre inspiration. Non pas dans une œuvre aussi connue et célébrée que La Maison de Bernarda Alba, mais dans un petit texte aux airs de scénario surréaliste, encore très méconnu du public : El Paseo de Buster Keaton. En réinventant la langue du poète andalou, le spectacle part de la figure centrale de Keaton et le fait parcourir, lors de sa « balade » les univers tout aussi riches de Samuel Becket – qui d’ailleurs a fait jouer le même Buster Keaton, déjà âgé, dans le seul film qu’il a réalisé (Film, 1965) – ; l’artiste plasticien brésilien Vic Muniz et sa poubelle extraordinaire ; Estamira (femme-oracle de la déchèterie de Rio, héroïne réelle du film de Marcos Prado, sortie en 2005) et tant d’autres éléments qui convergent vers une poétique de la finitude, de l’exclusion et de la vieilless. De la vie qui passe et se récrée à partir des ordures, des décombres, de la mort… Notre héros se balade au bord du monde, il erre, marginal, au travers de l’histoire d’une époque et de ses débris. Dans sa valise, les angoisses, l’émerveillement et les interrogations d’un siècle. Jusqu’à quel point ce que notre civilisation rejette n’a vraiment plus d’utilité? “Ce qui est bon pour la poubelle est bon pour la poésie” (Manoel de Barros) La dernière balade de Buster Keaton traduit une universalité troublante où tout se dit en poésie, tendresse et humanité.

LE CIRQUE, LA MUSIQUE ET LA MARIONNETTE

Il s’agit de rendre hommage au comique purement corporel –  Buster veut dire « casse-cou » – et faire rire par une maîtrise impeccable du rythme et par le déploiement de capacités corporelles hors du commun. Buster apparaît et disparait sur scène , se métamorphose , se fond dans une foule d’objets démesurés. Buster parle la langue du cirque, naturellement, simplement, dans une prise de risque constante, sans qu’on lui  prête forcément des agrées définis. L’écriture circacienne s’inscrit dans la continuité de notre démarche artistique. Le cirque est au service d’un récit au sens le plus large du terme. Il ne s’agit pas d’incarner le personnage de Buster Keaton, mais de suggérer son univers et de restituer ce qu’y existe d’atemporel et d’universel. Nous partons de la marionnette comme modèle pour le comédien, elle est habitée par le corps de l’acteur en même temps qu’elle le double. Ainsi, le manipulateur n’est pas seulement celui qui se cache derrière la marionnette pour lui prêter son souffle vital, mais un personnage tout aussi actif qui dialogue avec elle. La musique joue un rôle fondamental dans la construction dramaturgique de nos créations et elle est, sans aucun doute, un partenaire indispensable au développement de l’action scénique. Jouée presque toujours en direct, elle dialogue avec l’ensemble et le soutient, ouvrant des multiples possibilités émotives.

CONCEPTION, MISE EN SCÈNE, MARIONNETTES ET DÉCOR: Eros P. Galvão et Alejandro Nuñez Flores

DRAMATURGIE ET MUSIQUE: Marcus

Borja ÉQUIPE ARTISTIQUE: Eros P. Galvão, Alejandro Nuñez Flores et Sigfrido Rivera

CONSTRUCTIONS DES MARIONNETTES: Alejandro Nuñez Flores et Sigfrido Rivera

COSTUMES: Nadia Rémond LUMIÈRE:Marine Levey

BRUITAGES, RÉGIE SON ETLUMIÈRE: Ioan Horga